Gérer sa colère

La colère est un sentiment que nous avons déjà tous ressenti un jour ou l’autre.

Souvent considérée comme une chose négative, la colère est différente de la haine et je crois qu’elle est un sentiment comme un autre qu’il est bon de savoir exprimer. Mais je crois aussi que pour cela, il est bon de savoir reconnaître une colère saine d’une colère dévastatrice.

La colère saine est une colère qui provient du cœur, et qui ensuite descend dans nos tripes, tandis qu’une mauvaise colère n’est qu’une réaction impulsive dont les racines sont plus profondes que la situation l’ayant fait ressortir.

I. Une colère destructrice

En tant qu’ancienne colérique, je dois admettre avoir une assez bonne connaissance de la chose si bien que pendant longtemps je me suis contenue d’exprimer le moindre sentiment à connotation négative, pensant que c’était une mauvaise chose.

Très tôt révoltée par l’injustice sous toutes ses formes, l’agressivité est devenue mon bouclier contre le monde extérieur et la colère le feu qui m’animait. Au lieu d’être une simple émotion ponctuelle en réaction à de potentiels faits extérieurs, elle s’est confortablement installée au fond de moi, devenant petit à petit un poison qui me rendait hostile et réactive à la moindre injustice ou parole que je percevais comme menaçante.

Un feu brûlait littéralement à l’intérieur de moi, si bien que lorsque j’en ai été libérée vers la fin de mon adolescence, j’ai paniqué, ne comprenant pas ce qui m’arrivait puisqu’il était mon compagnon depuis mon enfance. En réalité cette colère là n’était pas saine. Elle me détruisait de l’intérieur et détruisait les gens autour de moi, m’empêchant de créer tout lien avec qui que ce soit.

II. Analyser la source de notre colère

Si je vous partage cela ce n’est pas pour vous raconter ma vie, mais pour vous exprimer le fait qu’une mauvaise colère provient en réalité de plus loin. Bien souvent, comme ce fut mon cas, une colère destructrice provient d’une profonde souffrance. C’est d’ailleurs bien souvent cela qui nous fait prononcer des paroles violentes et blessantes à l’encontre d’une personne, dépassant notre pensée réelle.

Prenons garde à bien analyser la source de notre colère. Est-ce réellement cette personne (ou cette situation) que nous détestons ? Ou est-ce la souffrance, la blessure, qu’elle suscite en nous qui s’exprime ?

Bien souvent vous vous rendrez compte que c’est notre souffrance qui parle à notre place et qui nous fait prononcer des choses qui peuvent avoir des répercussions bien plus violentes que ce que l’on souhaitait réellement. Ce n’est pas la personne que vous haïssez, c’est ce qu’elle suscite en vous.

Or, il est du propre de l’être humain de s’attaquer à la cause plutôt qu’à la source, car cela nous obligerait à établir une forme d’introspection qui pourrait nous pousser à nous remettre en question, ce que notre orgueil (bien trop grand) ne supporterait pas.

III. Une saine réaction

Une colère saine, en revanche, n’est pas constante. Elle survient ponctuellement et provient du cœur. Elle est suscitée par une situation particulière et ne dure pas, ce que souligne assez bien le verset suivant : « Si vous vous mettez en colère, ne péchez point, que le soleil ne se couche pas sur votre colère (…)» éphésiens 4.26, dont la notion de coucher de soleil induit la nécessité d’une courte temporalité pour la colère.

Mais il m’est important également de mentionner un état particulier de la colère. Je ne parlerais pas là des différents stades de colère ou de ses différentes manifestations car toutes ces choses sont propres à chacun (personnellement j’ai des petits noms pour chacun des deux aspects de ma personnalité lorsque la colère est à son summum haha).

J’aimerais donc mentionner le fait que l’un des aspects dévastateurs de la colère ne concerne pas nécessairement quelqu’un ou quelque chose ; il peut s’agir de la colère contre soi-même qui va avoir pour effet de nous culpabiliser et de nous dévaloriser.

Il est alors nécessaire d’être indulgent et bienveillant avec soi et de décider de choisir le pardon. Le pardon pour les autres, mais aussi pour soi-même, car le pardon est un choix qui plus est indispensable si l’on décide de s’en sortir et d’avancer.

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